Bâtisseur de la diversité #2 – Slimane Tirera

Slimane VisuelCe qui étonne le plus lorsqu’on écoute Slimane Tirera raconter son parcours de sa voix éraillé, c’est de s’apercevoir qu’à seulement 27 ans, il a déjà un long parcours militant derrière lui.

Son côté engagé s’éveille lors de ses mandats de délégué de classe. S’il apprécie avoir une certaine influence tant auprès des professeurs que des élèves, c’est la confrontation avec les difficultés sociales de certains de ses camarades qui le marquent profondément. Cette prise de conscience jette les fondements du mouvement « anarcho-racailleux » qu’il monte avec amis au lycée. Désorganisés et brouillons, Slimane et ses copains prendront fait et cause pour « tout et n’importe quoi » pour améliorer les conditions de vie et d’étude des lycéens et des étudiants.

Par la suite, les émeutes de 2005 lui font prendre conscience qu’il faut parler à tout le monde, pas seulement aux lycéens ou étudiants. « Nous avons eu envie d’être généraliste ». Ses amis et lui vont donc créer « Jeunesse en Mouvement », dont le l’objectif est de « faire entendre les sans-voix ». Citoyenneté politique, sport, culture, insertion, solidarité… il est désormais question d’aborder le plus de sujets possibles pour sensibiliser les jeunes à être acteur de la société dans laquelle ils évoluent. « Il était temps de contrer l’image négative de la banlieue largement répandue par les médias : assistanat, violence, victimisation… Il fallait y mettre un terme et responsabiliser les jeunes de banlieue ». Cette démarche parle aux élus locaux qui les soutiennent sur des projets pour les jeunes… et les moins jeunes : «  on a mis en place des concerts, des tournois de foot, des arbres de Noël, des débats citoyens »… L’association contribue alors à ce que chacun soit décisionnaire de son avenir et qu’il ne répond à aucun stéréotype pré-établi par son code postal et son apparence.

Aujourd’hui coordinateur à la Fédération de la Maison des Potes, il continue son action en encourageant le développement local, conseillant des associations sur leur image et leurs orientations et en s’impliquant dans des actions de lutte contre les discriminations et le racisme. Ainsi, il intervient dans les lycées pour sensibiliser sur les questions de préjugés. « Nous sommes tous porteurs de préjugés. Ce n’est pas l’apanage des personnes blanches envers les citoyens issus de la diversité » insiste t-il. Dans les département du 95 et du 93, les employeurs sont d’origines diverses : Turcs, Polonais, Afrique subsaharienne, du Maghreb et ils ont parfois tendance à préférer une candidature d’une personne issue de la même culture qu’eux. « Il faut encourager les gens à s’émanciper de ces chaines là et leur faire comprendre que ce n’est pas tant leur âge ou leur origine qui déterminent leur place dans la société mais leur action et leur attitude ».

Lui qui est engagé depuis 10 ans auprès de la jeunesse, que pense t-il de celle d’aujourd’hui décrite à l’envi comme morose et pessimiste ?

Il voit l’émergence de l’esprit critique des jeunes comme une bonne nouvelle : « Les jeunes d’aujourd’hui ne croient plus aux structures établis.  Les partis politiques, les syndicats, les associations sont des astres morts. Il est normal qu’ils ne se sentent pas concernés par ces structures puisqu’elles ne les représentent pas : peu de jeunes à l’Assemblée nationale ou dans les partis politiques, on entend toujours les mêmes discours et on voit les mêmes figures depuis 20 ans ». Aussi, la tendance à se manifester est une bonne chose. Il nuance toutefois son enthousiasme en regrettant un manque de recul, d’analyse et de profondeur dans ces engagements. « On est la génération spontanée ou celle de la cause à durée limitée ; on passe d’un cas à un autre sans prendre le temps de prendre en compte l’approche historique ou idéologique. Une fois qu’on s’est exprimés, on passe à la cause suivante. Pourtant il peut y avoir des liens entre les causes. Cette attitude peut être contre-productive ».

Attaché à l’idée de faire de la place à ceux à qui on ne pense pas, Slimane Tirera est aussi directeur d’une radio New-VO Radio, qui émet depuis Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Tous les jours, l’antenne « donne la voix aux sans voix ». Tant au niveau de la musique que des programmes proposés, « la radio 100% jeune » se veut ouverte au plus grand nombre, aux jeunes, aux moins jeunes, issus de la diversité ou non. Une initiative à l’image de l’action de Slimane Tirera.

New – VO Radio est à découvrir ici.

Bâtisseuse de la diversité #1 – Anaïs Nighoghossian

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Anaïs Nighoghossian, communicante de 24 ans prend à contre-courant le discours pessimiste actuel sur la jeunesse (parfois énoncé par les jeunes eux-mêmes) dans son livre « Pour tout bagage, on a 20 ans ».

« Derrière ce « nous » un peu abstrait, se cache une génération toute entière. On la dit sacrifiée, désenchantée. Il paraît qu’elle peine à avancer. Certains l’ont baptisée  »Génération Quoi ? ». C’est dire l’intérêt qu’on lui porte… Mais dans tous les portraits qu’on en dresse, je ne me reconnais pas. Je ne reconnais pas non plus mes amis ni ma famille proche, je ne reconnais pas ceux en qui j’ai voulu croire ni tous ceux qui m’ont plu. Rien n’est simple à vingt ans. Alors, pourquoi faire d’un âge charnière un symptôme, le mal de toute une génération ? »

À travers 20 portraits de personnalités issues du monde de l’entreprise, du cinéma et des médias, l’auteure décrit le dynamisme, la créativité et l’audace dont est capable la « génération Y ». Ces divers parcours à succès ont, non seulement, pour objectif de valoriser une jeunesse positive et, peuvent être considérés comme une source d’inspiration des jeunes gens découragés.

« Pour tout bagage, on a 20 ans » d’Anaïs Nighoghossian est disponible en e-book ici.

Actions de groupe : l’union fait la force

À l’initiative de Razzy Hammadi, député de Seine-Saint-Denis et Louis-Georges Tin, président de République & Diversité, un colloque consacré aux actions de groupe – souvent plus connues sous le nom de « class actions » – se tiendra à l’Assemblée Nationale le jeudi 26 juin 2014 de 9h à 12h30. 

Parce que nous sommes toutes et tous discriminables, l’action de groupe constitue en ce sens un dispositif profondément universaliste, qui vise à rendre effective l’égalité à travers un dispositif de réparation simple et efficace.

Pour assister au colloque, inscrivez-vous via le formulaire ci-dessous. L’inscription est obligatoire.

Consultez la proposition de loi et le dossier de presse en cliquant ici.